Le Journal d'Ilona Goolz: La Ferme aux Mille Zombies du Docteur Ivanovic (Chapitre#2)



Dans le Chapitre#1: Frank Goolz et ses filles se rendent à l’hôpital abandonné du Docteur Ivanovic. Perdu dans les plaines du sud-est du Liberia, l’hôpital est aussi connu sous le nom de la Ferme aux Mille Zombies. Dix ans plus tôt,  tous les patients, les infirmiers et le docteur Ivanovic lui-même,  disparurent sans laisser de trace, donnant à l'hôpital la réputation d'être un lieu maudit. (Lire le Chapitre#1)

*  *
*
"Est-ce que tu as déjà vu un vrai zombie?" Suzie essuya la sueur qui couvrait son visage avec le bas de son t-shirt.
"Sûr," mon père lui répondit, essuyant son propre visage avec la manche de sa chemise.
Je rentrais dans le hall de l'hôpital abandonné, espérant que l'ombre qui régnait à l'intérieur pourrait nous sauver de l'incroyable chaleur qui grillait la plaine. Des hautes herbes asséchées et des dune de poussière rougeâtre avaient envahi le bâtiment. La moitié du plafond s'était écroulés il y avait bien des années de ça.
"Il y a différents types de zombies." Mon père souleva un épais câble électrique qui nous barrait le chemin et nous invita à passer en dessous. "Il y a les zombies qui sont des gens tout à fait vivants, qu'on a transformé en parfait esclaves en utilisant des drogues ou des techniques de contrôle psychologiques. Et bien sûr, il y a l'autre type de zombie."
"Tu veux dire des vrais morts-vivants?" Dis-je, en passant sous le câble.
"Exactement. Des cadavres que l'on a ressuscités et qui cherchent inlassablement de la chair humaine à dévorer." 
"Et ceux-là, tu en as déjà rencontré?" lui demandais-je.
Il ouvrit sa sacoche et en sortit une lampe-torche. Il l'alluma et la pointa vers les zones les plus obscures du couloir dans lequel nous nous avancions. "Tu te souviens de la momie maudite du Pitchu?"
"Carrément!" Suzie s'exclama. "Elle était complètement morte et complétement inlassable quand il s'agissait de tuer les gens."
"Oui, mais la momie du Pitchu avait été ramenée à la vie pour accomplir une ancienne malédiction." Je mettais mes mains en avant, imitant la momie attaquant une de ses victimes. "Et elle ne dévorait pas les gens. Elle les étranglait. Je suis pas sûre qu'elle soit un bon exemple de zombie."
La momie du Pitchu et la malédiction qui l'avaient ramené à la vie avaient terrorisé les employés du Musée d'Archéologie de Santiago. Jusqu'à ce que mon père intervienne et la renvoie en enfer. 
"Les gens pensent qu'il n'y a qu'une seule façon d'être en vie. Avec un cœur qui bat et du sang qui circule dans les veines." Mon père frappa sa poitrine avec sa lampe torche, imitant les battements de son cœur. "Mais dans la nature, ce qui est mort peut encore bouger, chasser une proie et se nourrir si le cadavre a été infecté par un spore ou un parasite puissant. Le docteur Ivanovic étudiait de tels parasites."
"Un parasite qui contamine les morts et les ramène à la vie, ça, ça fait une bonne histoire de zombie!" Suzie confirma avec enthousiasme.
"Tiens," dis-je en leur montrant du doigt la porte au bout du couloir,"quelqu'un à oublier d'éteindre la lumière."
Mon père éteignit sa lampe torche. Une lumière intense brillait tout autour du cadre de la porte. "Intéressant." Il enjamba les débris qui couvraient le sol et tendit la main vers la poignée.
Suzie se précipita à côté de lui et colla son oreille à la porte. "Est-ce qu'on ne devrait pas frapper d'abord et voir s'il y a quelque chose qui grogne à l'intérieur."
Elle frappa à la porte et mon père l'ouvrit sans attendre de réponse.
"Au moins, personne n'est entrain de gâcher de l'électricité." Suzie couvrit son nez de son bras.
"Oh mon Dieu, ça pue là-dedans." Je couvris mon nez à mon tour.
Mon père ne couvrit pas le sien. Au contraire, il humait puissamment, comme un expert en mauvaises odeurs cherchant à discerner les arômes putrides. "Ça sent le sang," dit-il. "Et autre chose. Comme une carcasse d'animal entrain de pourrir."
L'intense lumière venait du soleil. Il brillait à travers le plafond et le toit qui s'étaient effondrés. Un des murs de cet immense réfectoire était totalement éventré, donnant une vue panoramique sur la plaine. Des lits d'hôpital gisaient ça et là, écrasés ou démantelés sous les gravats.
"Ça c'est des trucs vaudou, non?" Je m'approchais d'une des étranges figurines qui pendaient aux poutres métalliques au dessus de nos têtes.  Elle était faite d'une bouteille de Coca-Cola décorée de bouts de ficelle  et de bâtonnets qui lui donnait l'aspect d'une poupée aux formes humaines. Elle était recouverte d'une substance brunâtre et séchée.
"Du sang." Mon père s'approcha lui-aussi d'une de ces effrayantes poupées vaudou.
"Du sang humain, tu crois?" Suzie ramassa un barreau de métal provenant d'un des lits démantelés. Elle l'utilisa pour pousser l'une des poupée qui se mit à se balancer doucement devant elle.
"Possible. Ça dépend du sort que voulaient jeter les gens qui ont pendu ces poupées. Plus le sort est puissant plus le sacrifice doit être important."
"Qui a pendu des trucs pareil ici?" Demandais-je, et juste à ce moment un vrombissement de moteurs se mit à raisonner à travers la plaine comme pour répondre à ma question. Nous nous tournâmes vers le mur éventré. Trois pick-up roulaient à vive allure, se dirigeant vers l'hôpital abandonné. Les hommes à bord semblaient habillés d'uniformes militaires. Une énorme mitrailleuse cahotait sur l'arrière d'une des camionnettes.
"Ça pourrait être eux," dit mon père calmement.
"Eh! Il nous abandonne!" Suzie cria en pointant son barreau de lit vers notre propre camion. Notre chauffeur avait fait demi tour et prenait la fuite. Un des trois pick-up se détacha du groupe pour le prendre en chasse.
"Est ce que tu crois qu'on a pas le droit d'être ici?" demandais-je à mon père.
Il ouvrit sa sacoche, y rangea sa lampe torche et en sortit un document soigneusement plié et son vieux revolver. "J'ai l'impression que notre présence ici ne plait à personne, Ilo." Il me donna le document. "Heureusement, nous avons ça."
"Qu'est ce que c'est?" Je dépliai le document, découvrant un plan. On y voyait le schéma de bâtiments reposants sur un réseaux de lignes, tubes, et couloirs.
"C'est le plan qu'ont utilisé les architectes qui ont construit cet endroit. Il montre que l'hôpital du Docteur Ivanovic est bâtit sur un réseau de pièces secrètes et souterraines."
Je longeais du doigt l'un de ces couloirs secrets.  "Tu veux dire que tout ça se trouve sous nos pieds?"
"Absolument. Et je suggère qu'on aille s'y cacher pronto." Il donna un coup de menton vers les pick-up qui n'étaient plus qu'à quelques centaine de mètres de l'hôpital. "Avant d'avoir une discussion serrée avec nos invités surprises. Nous sommes ici." Il tapa son doigt sur le plan puis pointa vers le mur de l'autre côté du réfectoire aux poupées vaudou. "Ce qui veut dire qu'on trouvera un sas secret de l'autre côté." Il me montra sur le plan la position du sas qui menait aux tunnels dissimulés sous l'hôpital.  "Je suggère qu'on se dépêche."
"Totalement d'accord." Suzie courrait déjà à travers le réfectoire, poussant hors de son chemin les poupées vaudou. Elles se mirent à danser hystériquement au bout de leurs cordes tout autour de nous. "Qu'est-ce que tu crois qu'on va trouver dans ces tunnels?"
"On va voir, chérie," mon père lui répondit. "J'imagine qu'on va trouver le Docteur Ivanovic, son personnel médical et ses patients. Vivants. Ou Morts. Ou mort-vivants." et il se mit à rire, se régalant à l'idée de rencontrer de vrais zombie.

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